Les Comores à l'heure du porte à porte

Les Comores à l'heure du porte à porte
Des dirigeants courbant l'échine, toute honte bue...

Ils auront travaillé comme des chefs durant cette année 2009. « Ils », ce sont les ennemis de la nation comorienne. Ils auront scié jusqu'aux branches où s'asseyent les derniers patriotes. Et s'il reste encore quelque souffle au citoyen de ces îles, c'est peut-être au creux de ses mains qu'il se niche. Comme la petite flamme d'une tige d'allumette malmenée sous le vent mauvais, ce souffle se maintient dans la fragilité d'un royaume éphémère. Qui a parcouru ces trente dernières années dans la houle des matins de défaite saura de quoi il retourne dans ces phrases. Il n'est pas besoin de brosser un dessin pour comprendre que nous ravalons notre honte en public dans le silence de l'indignité, désormais. Nous parlons de défaite, de défaite cuisante, d'un peuple habilement défait. Des frères et soeurs d'hier s'étripant à coup de discours haineux. Des dirigeants courbant l'échine, toute honte bue, face à l'adversité, redevenue omniprésente.

Des têtes pensantes renonçant aux corps à corps qui nous relient à la complexité du monde. Les Comores foutent le camp, et nous n'aurions même plus ce droit de l'écrire.

Il y a ceux qui mahorisent comme jamais, et ceux qui se la racontent et mystifient comme jadis. Les premiers parlent de nouvelle donne d'archipel à inventer dans un silence de morts sous kwassa, les seconds s'inquiètent de ne plus saisir le sens d'une conquête coloniale entreprise avec une mise de départ qui dépasse à peine les mille piastres. Dans tous les cas, la bête est soumise et ne s'en plaint plus. Colonisation, néo-colonisation, décolonisation ratée. Les mots n'ont que la valeur qu'on leur donne. Il nous arrive d'exprimer un certain malaise, lorsque nous nous sentons insultés par leur seule présence, lorsqu'ils incarnent la négation de ce que nous sommes. C'est alors que nous fabriquons une explication de derrière les fagots et avançons des hypothèses, en espérant saisir le sens de ce qui nous broie le visage, tout en rassurant l'assemblée des curieux, amassée autour des Comores. Nous voudrions comprendre sans la moindre amertume dans le regard, même si nous continuons à nous enfoncer sous l'eau, le pays avec nous. En prenant cette année 2009 comme référence, nous verrons qu'elle aura été difficile pour les défenseurs d'une communauté d'archipel au destin apaisé. Certains d'entre eux finissent encore de mordre la poussière.
Deux événements seront à retenir. Celui du 29 mars, date à laquelle les Mahorais, une nouvelle race d'insulaires en expansion, appelée à se dissoudre dans l'ultra-périphérie de l'Europe unie, se sont décidés à jouer à la roulette russe sous un ciel dégagé. Ils prétendent contourner le marécage comorien, leur destin étant déjà comptabilisé ailleurs. Ce qui signifie qu'ils reconnaissent l'essentiel de ce qui a été rendu comme justice par la France en ces îles, à savoir séparer et diviser pour mieux régner. Les Mahorais ne sont pas assez idiots, n'en déplaise à qui ne les aime pas, pour ne pas savoir que c'est grâce à la mise en pièce de tout un ensemble archipelique qu'ils sont devenus ce qu'ils sont. Leur choix lors du référendum de 1974 annonçait les coups bas, les putschs et les assassinats en tous genres perpétrés par la France des réseaux sous ces Tropiques. Mahorais ils voulaient être, Mahorais ils le sont restés, en se constituant complices de toutes les forfaitures commises par l'adversité coloniale. Drôle de voir qu'aujourd'hui les polices aux frontières de l'Union des Comores les obligent à prendre la nationalité comorienne. Ce qui les autorise à aller et venir chez nous, pendant que nous, nous devenons persona non gratta une fois passée le mur de leurs frontières françaises.
Il faudrait être con pour ne pas s'apercevoir du service que nous leur rendons. Nous leur ouvrons grandes nos portes pendant qu'ils referment en clair les leurs. Ils n'existent quasiment pas, les Comoriens à qui on offre sans protocole une carte de séjour mahoraise sur le tarmac de Dzaoudzi contre un peu de cash et quelques vieux discours sur la fraternité passée. A l'aéroport du Prince Said Ibrahim, les flics frontaliers sont ravis de pouvoir faciliter le passage aux Mahorais, en les obligeant à bénéficier d'une carte d'identité nationale comorienne. Risible histoire d'une folie collective en perspective. Le deuxième événement que nous retiendrons cette année, c'est celui relatif au discours prononcé par le président Sambi à la 64ème assemblée générale des Nations Unies, où nous apparaissions comme pantins en foire. Il y a parlé de la possibilité pour nous de chiffrer le rapport entretenu avec la France sous forme d'annuités à verser au trésor public. Une rente possible, qui lui évitera peut-être un attentat présidentiel, en bout d'accord. Des chiffres à négocier contre l'odeur des cadavres encore fumants sous l'eau entre Ndzuani et Maore au rythme du visa Balladur. Des chiffres censés rassurer l'ennemi sur plusieurs décennies d'existence, en nous ménageant la possibilité d'arracher quelques dividendes dans la mise en vente réelle de nos âmes. Car Sambi, par ce geste, risquait de remettre en cause lui-même l'intégrité territoriale du pays, en admettant (singulièrement) l'idée d'une seconde administration (étrangère) de l'Etat comorien. De quelle souveraineté parlions-nous jusqu'à présent ? La question mériterait une réflexion plus ouverte, engageant tous les citoyens à se prononcer. Un vrai débat public.

La France de Sarkosy, elle, elle en a fortement rigolé. Nous, un peu moins. Car le cimetière, lui, s'agrandit, sous le bras de mer reliant l'Union des Comores à Mayotte française, pendant ce temps. Pour qui oublie que l'économie comorienne a longtemps été entre les mains de l'occupant, avant de s'effondrer telle la baudruche des lendemains de fête de plantation, la perspective de louer Maore aux Français pourrait paraître intéressante, d'autant plus que nous devinons ce que les Mahorais, peuple en souffrance suite au trop plein de Comoriens transplantés dans ses veines, ne savent qu'à demi mots. La France, contrairement à tout ce que l'on a raconté jusqu'alors, se fait des couilles en or, soyons vulgaires jusqu'au bout, en demeurant le seul maître de ce poste avancé de la mer indianoceane. Nous pourrions parler de sa centrale d'écoute, classée secret-défense, et sur laquelle aucun fouille-merde, dût-il s'appeler Pierre Caminade, militant français du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, n'aurait le droit d'aligner une question. Pour dire le fond de la chose, les Mahorais ne savent pas à quelle sauce on les mange sur la Petite-Terre. Toutefois, ils sont loin d'être fous. Ils exigent les avantages de la soumission. Car ils imaginent bien que la France ne continuerait pas à battre ses cartes diplomatiques sur ce bout d'archipel sous contrôle sans raisons. Il savent qu'il existe un enjeu supérieur à tous les autres, même s'ils ne le ne maitrisent pas, qui explique ce viol d'une terre insulaire. Ils reconnaissent leurs limites là où l'adversaire colonial rabat les cartes avec agilité et rouerie, et exigent en échange de leur mutité surfaite un bon paquet d'euros à dépenser dans le consumérisme le plus baroque.

Le souci avec les Mahorais, comme avec les Comoriens, en général, c'est qu'aucun citoyen de cet archipel n'arrive à dénouer le fil des intérêts profonds de la France d'une manière efficace et autrement visible. Il y en a même qui disent que c'est parce qu'elle nous aime qu'elle demeure là. Ce qui amène à répéter quelques fondamentaux à qui veut bien l'entendre. La France aux Comores n'a jamais été une nation amie. Elle a annexé, rusé contre les uns, tué d'autres, torturé comme à la gégène, revendu ce qu'elle pouvait, corrompu les meilleurs d'entre nous, escroqué les plus vulnérables. La liste est longue. Ce qui explique que la plupart se contente de parler de ce pays comme d'une victime effarouchée et trahie par une puissance assise dans le vaste concert des nations. Nous ne parlons jamais de ce que nous pourrions réellement entreprendre pour se jouer des failles de son système. Car il en a, des failles, bien que nous n'ayons jamais été assez malins pour en l'affaiblir dans son élan. Tout comme nous nous sommes montrés incapables de fraterniser plus longuement avec ceux qui épousaient notre cause au lendemain des premières indépendances déclarées de l'Afrique contemporaine. Nous n'aurions même plus d'amis pour cette cause comorienne mise sous scellée par la France. D'ailleurs, nous nous avouons tout aussi incapables de confondre l'adversaire avec le sang de nos propres morts, ses victimes, qui ne s'appellent pas tous Ahmed Abdallah, Taki Abdulkarim ou Ali Soilih, loin de là. La majeure partie d'entre eux n'ont même pas eu à mourir sous les balles des mercenaires, français, et autres hommes de main des réseaux. La majeur partie de ceux qui sont tombés, l'ont été pour service non-rendus à l'intérêt général, et pour cause de précarisation avancée de la grande partie de l'archipel par un ennemi devenu trop malin au fil du temps.

Le résultat nous a rendus sages et muets. Seuls agissent encore ceux qui traînent leurs guêtres aux pieds du monstre, en trahissant les leurs. Ils sont nombreux, les Comoriens qui marchent sur leurs morts et travestissent leur mémoire en partage. Mais qui ose encore le signifier à l'opinion ? A la grande opinion de ceux qui font mine de ne rien percevoir de cette dure réalité ? Qui se donne encore la peine de se mirer dans le rétro ? Le passé nous dérange par cette capacité qu'il a de nous rappeler à notre dignité rompue. Nous fûmes capables un jour de dire non à un destin servile, et il y a de cela très longtemps. Aujourd'hui, nous évitons de mentionner jusqu'au mot « liberté » dans nos discours par peur du quotidien, et pour ménager le poids de nos destins fragilisés. Personne ne veut ou ne souhaite faire le lien entre la misère du pays et le fait que l'adversaire nous a longtemps mis à l'amende dans l'idée d'écraser toute contestation possible. Comme nous, vous avez dû entendre claironner partout que les Mahorais ne veulent plus être Comoriens, parce que nous finissons pauvres, mendiants et arriérés. Ils auraient pu dire que nous sommes le degré zéro de ce qu'ils sont devenus, des moutons de Panurge. Mais non ! Car le déni de soi s'accompagne chez eux de cécité volontaire et de sourires malencontreux, pendant que s'accumulent les malentendus de la relation coloniale. Ainsi s'épaissit le mystère qui veut que nous nous écrasions dans la douleur sourde des matins de défaite, en applaudissant le bourreau. Une internaute, française, d'origine comorienne, nous écrivait il y a peu pour savoir si, au-delà de sa naïveté (selon ses propres termes) et de son incompréhension des enjeux en place, nous pouvions lui expliquer pourquoi nous étions si négatifs à l'égard de la France aux Comores. Nous, on s'est demandé si elle avait écrit à l'ambassade de France à Moroni ou au Quai d'Orsay à Moroni pour savoir les raisons de tant d'acharnement dans l'histoire envers un petit pays, qui ne demande qu'à s'affranchir de sa pauvreté ? A écouter Cassandre et ses faux amis, tout serait de notre faute. La conquête, l'annexion, les coups d'Etat, les déstabilisations économiques, les rêves de miséreux. C'est nous qui avons sans doute cherché à ce que la France se déplace et traverse 12.000 kilomètres de distance pour venir se conduire ici en prince des royaumes oubliés. Autrement dit, nous avons exagéré en 1975, en exigeant notre droit à la liberté des peuples, notre souveraineté. Pas étonnant qu'elle se soit retournée contre nous ensuite, transformant l'indépendance autoproclamée en une forme de « dépendance » plus ou moins assumée par tous.

Produire du discours. Mais quel discours contre qui ? Nous aurons remarqué que nos intellectuels et nos cadres se mettent peu à peu au service du plus fort et lui fournissent même des arguments contre ce qui fut leur patrie de naissance, en échange de quelques services rendus, à leur seul bénéfice. Nous aurons aussi remarqué que nos leaders d'opinion, toutes catégories confondues, s'invectivent en public dès qu'il s'agit de sabrer à même la carrière d'un des leurs, éventuel opposant dans les nombreux rings de la politique intérieure, mais qu'ils ravalent leur salive dès lors qu'il s'agit d'affronter l'ennemi extérieur, comme si l'avenir de ce pays n'était pas le même, quel que soit le bout d'archipel pris à la loupe. De nos jours, seuls se distinguent vraiment ceux qui revendent les bijoux de famille en douce, en se disant qu'ils ne seront pas là à l'heure du tragique bilan de fin de partie. Ils seront morts à l'heure de ce triste bilan et auront bien profité de leur frêle existence au pouvoir. Nos concitoyens se rendent-ils compte que ce pays cessera un jour d'exister, simplement parce que des générations d'hommes auront cédé à la promesse de quelques paquets de billets de banque ? Nous, nous voulons douter de notre capacité à inventer de nouvelles formes de résistance contre la mise à mort annoncée de l'archipel. De notre capacité à faire sentir que la bête, certes, agonise, mais n'est pas morte, et peut encore se relever de sa chute. En cette année 2009, il est vrai, il aura suffi d'un petit geste à certains pour se donner une figure contestataire aux yeux de l'opinion, mais, ces gens, la France s'occupe de les affaiblir dans leur geste depuis. En recourant, notamment, aux services de compatriotes, à qui la perspective d'un pays éclaté ne dérange absolument pas.

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Une fois rendus aveugles, les borgnes ne sont plus riens. Alors, l'ennemi travaille à casser nos quelques borgnes en service. En passant, nous pourrions vous citer deux ou trois de ces borgnes en difficulté. Les inquiétudes d'une jeunesse Watwaniya, à qui on suggère une montagne de promesses contre leur silence face au délitement de l'archipel, illustre bien ce propos. Le patriotisme que revendique cette jeunesse agite le sommeil de beaucoup de nos hommes politiques. Le gungu la mcezo, performance artistique, réalisée en mars dernier contre la départementalisation de l'archipel par le comédien Soeuf Elbadawi et ses amis, dont le plasticien Seda et le journaliste Saindou Kamal, aux côtés des mêmes Watwaniya, résonne à présent comme un feu de paille, même s'il est vrai qu'il a pu interpeller une opinion plus large, allant au-delà des frontières comoriennes. Même les colères mesurées du Comité Mahorais contre ceux qui mettent à mal l'intégrité territoriale du pays, vont buter contre un mur. Ces colères n'intéresseront d'ailleurs plus l'opinion comorienne, remplacées qu'elles seront par la foire d'empoigne des législatives. A peine si quelqu'un aura le temps de rappeler durant ces législatives que nous traversons une crise de la représentation depuis 1978. Une crise qui n'encourage pas à miser sa confiance dans aucune machine partisane. Si un député pouvait changer quelque chose dans l'avenir de ce pays, nous en aurions entendu causer depuis bien longtemps. Mais bon, qui osera les contredire dans les meetings pour ramener le vrai débat d'un pays malmené, avec la complicité de ses enfants, sur la place publique ?
La vérité est que la question du destin de l'archipel est tout sauf nationale, à ce jour. Les Comoriens se sont laissés persuadés qu'ils auraient leurs vrais problèmes, qu'i n'auraient rien à voir avec le problème d'un Etat comorien en bisbille avec la France. Ils sont peu à vouloir faire le lien entre la question coloniale et leur vécu dans un pays sciemment précarisé et fragilisé afin de satisfaire aux enjeux d'une nation plus forte. Il aurait sans doute fallu que le travail de conscientisation politique entamé à l'époque du msomo wa nyumeni se poursuive plus intelligemment de nos jours ou que les restes du discours révolutionnaire du mongozi Ali Soilih continuent à hanter nos esprits. Tant que l'intégrité territoriale de ce pays ne sera défendue que par une poignée de Mohicans agités, la fin de cette histoire comorienne pourra s'écrire sur le tableau de notre mémoire sous valium. Mais si nos intellectuels se mettent à faire le porte à porte nécessaire pour détailler au peuple ce qui lui arrive, et pour lui parler d'autre chose que de vote sans effets sur leur vie, il y a des chances pour que l'espoir revienne parmi nous. Un travail à entamer dans l'urgence. Car si nous n'arrivons pas à convaincre la communauté internationale contre son partenaire français, nous pouvons au moins rappeler aux Comoriens ce qu'ils ont perdu en trente quatre ans de souveraineté malmenée. Il faut que ce combat redevienne populaire pour bénéficier la dimension qu'il mérite aux yeux du monde. Reprenons nos bâtons de pèlerins pour que le peuple réapprenne enfin où se situe sa responsabilité dans le délitement de l'archipel...


Collectif Komornet
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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 13:34

Ndzuwani. L'Escadron riposte à l'agression de gendarmes à Pagé

Ndzuwani. L'Escadron riposte à l'agression de gendarmes à Pagé
L'oreille droite du lieutenant Ismaël Bakari, de la gendarmerie de Mutsamudu, est marquée par plusieurs points de suture. Le gendarme se plaint de douleurs aigues au niveau de l'occiput ; il dit avoir reçu une pierre à cet endroit. Quatre hommes formaient sa compagnie, en plus du chauffeur. Ce dernier est lui aussi blessé au bras, probablement par un gourdin ou une barre de fer, d'après un collègue à lui. Les gendarmes s'étaient rendus à Pagé, localité située en périphérie de Mutsamudu, sur une parcelle de terrain reclamée, d'une part, par les villageois et, d'autre part, la famille Zaki Nassor de Mutsamudu, pour “rappeler à ces villageois une note de la justice de l'île émise au sujet de cette dispute”, nous explique Ismaël. Ces événements se sont déroulés entre 17 heures et 18 heures, mercredi.

Côté civil, des dizaines de villageois ont été arrêtés et embarqués à la gendarmerie de Mutsamudu, le lendemain après-midi, suite à une descente de l'escadron à Pagé. Jusqu'à samedi après-midi, ces gens y étaient toujours enfermés, mais leur nombre restait inconnu. Tout comme l'on n'avait pas jusqu'à l'heure su combien, parmi les personnes arrêtées, avaient directement pris part à l'agression.
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Le récit de cette “attaque” de ces civils munis de “gourdins, de haches, coupe-coupe, barre de fer et de pierres”, selon la version de l'officier agressé, est surprenant. Ce dernier raconte : “Nous nous tenions sur le lieu conflictuel lorsque j'ai vu cette foule de gens armés venir vers nous. J'ai dit à mes hommes, qui, eux, n'étaient pas armés, de quitter les lieux. La foule a commencé à s'en prendre à eux, mais ils ont quand même réussi à partir à bord de notre véhicule. Je suis resté pour tenter de leur expliquer ce que nous étions venus y faire, mais ils n'ont voulu rien écouter et ont commencé à m'agresser”.

En vérité, les forces de l'ordre ont fait montre de patience dans cette affaire, n'ayant pas organisé de riposte le soir même ou tôt le lendemain. Les pagéens en ont d'ailleurs essayé d'en profiter : en effet, tôt le lendemain, une délégation du village, conduite par Mohamed Ahmed Ali, (qui n'est autre que le secrétaire général du Commissariat à l'Intérieur), se présente à Hombo.
“Ils sont venus nous présenter des excuses pour la faute commise par leurs frères du village. Ils demandent qu'il n'y ait plus de poursuite. Mais nous leur avons répondu qu'il faut que ces gens-là se rendent, c'est tout”, nous a déclaré le commandant de regroupement de la gendarmerie, Hissoim Dossar. Or les présumés coupables ne s'y présentaient pas, d'où le choix de l'escadron de lancer leur recherche.

Le genre de conflit qui oppose la famille Zaki Nassor aux habitants de Pagé est assez courant dans l'île. C'est une parcelle de terrain que la famille Nassor revendique comme faisant partie de son lotissement, et que les gens de Pagé considèrent comme une voie de passage naturelle. La parcelle est cependant utilisée par les villageois comme place publique, où se tiennent les manifestations du village. Mais actuellement, les deux parties ont reçu de la justice une note leur interdisant, à toutes les deux, son exploitation. Et c'est donc la difficulté qu'éprouvent les pagéens à respecter cette note qui crée le trouble.

SM
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# Posté le lundi 16 novembre 2009 12:58

Comores: Vers l'enterrement des victimes du crash de Yemenia Airways

Comores: Vers l'enterrement des victimes du crash de Yemenia Airways

Les résultats des analyses ADN des restes de corps des victimes du crash de l'A310 de Yemenia Airways seront connus lundi prochain, a annoncé, samedi, à Moroni, le directeur du Centre des opérations de secours et de protection civile (COSEP), le lieutenant-colonel Ismaël Moegne Daho.

Les experts français et britanniques chargés de ces analyses par le Bureau français Enquêtes et Analyses (BEA) se trouvent à Moroni depuis vendredi, a également indiqué M. Moegne Daho.

Les résultats de ces analyses, précise-t-on, concernent 59 corps repêchés par le robot du navire EDT Ares de la société américaine Phoenix, à la mi-septembre, et 25 autres repêchés plutôt en Tanzanie.

Selon un fonctionnaire du COSEP, les experts français et britanniques vont confronter leurs résultats pour préciser l'identification des corps retrouvés qui ont fait l'objet des analyses dont les prélèvements ont été expédiés à Londres et à Paris le 22 septembre.

"Bien que les experts britanniques aient déjà fait parvenir leurs résultats depuis plus d'un mois, la commission d'enquête a préféré attendre les résultats français pour éviter des confusions", a expliqué le porte-parole du Collectif des familles des victimes à Maroni, Saïd Ahmed El Kabir.

"Désormais, rien ne s'oppose à l'inhumation de ces corps", a estimé M. El Kabir qui a fait face à la contestation des familles opposées à l'idée du cimetière collectif pour l'enterrement des victimes du crash.

On rappelle que l'A310 yéménite accidenté au large de Moroni le 30 juin a fait 152 victimes dont 11 membres d'équipage.

Seule survivante du drame, Bahia Bakari, une franco-comorienne de 14 ans, a rejoint son père à Paris au lendemain du crash, dans lequel elle a perdu sa mère.
Comores: Vers l'enterrement des victimes du crash de Yemenia Airways
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# Posté le lundi 16 novembre 2009 12:54

Campagne électorale. Que le meilleur gagne!

Campagne électorale. Que le meilleur gagne!
La campagne électorale est ouverte. Le président Sambi a souhaité la victoire aux meilleurs, mettant en garde les candidats contre l'utilisation de l'argent public pour mener campagne. Il a souhaité une campagne propre, autour des idées et des programmes prévenant les acteurs politiques contre le recours aux insultes, l'incitation à la haine et aux actes de violence. Pendant que les candidats de la mouvance présidentielle s'apprêtent à défendre le bilan, l'opposition affute ses armes, pour la critiquer et présenter l'alternative. Autre fait majeur, les candidatures indépendantes sont déjà en campagne, pour tenter de se faire une place et éviter de se faire broyer par le rouleau compresseur des machines électorales des partis.

La Commission électorale nationale indépendante, a ouvert la campagne en invitant les chefs des partis et les candidats de ce double scrutin pour leur présenter "un code de bonne conduite". "Nous souhaitons, soutient Djazila, le président de la Ceni, que tous les partis politiques respectent ces règles de bonne conduite durant cette campagne pour éviter qu'il y ait des propos de nature à perturber l'ordre public". Ces mêmes rencontres vont se tenir à Mohéli ce lundi 16 novembre et Anjouan le mardi 17 novembre. Les partis ont souligné l'importance de l'observation par les médias de l'objectivité et l'équité dans le traitement de l'information, tout en veillant au respect du temps d'antenne de tous les candidats. L'opposition émet le souhait de mettre en place un comité de vigilance qui va réunir toutes les forces vives de la nation pour veiller au bon déroulement de ce scrutin.


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# Posté le lundi 16 novembre 2009 12:50

La candidature d'un ancien PM aux législatives comoriennes invalidée

La candidature d'un ancien PM aux législatives comoriennes invalidée
La candidature de l'ancien Premier ministre comorien Halidi Abdérémane Ibrahim aux élections législatives du 6 décembre prochain a été invalidée conformément à un arrêt rendu ce mercredi par la Cour constitutionnelle de l'archipel.

"M. Ibrahim devait produire un casier judiciaire délivré par l'autorité judiciaire compétente de son lieu de naissance ; ce qui n'est pas le cas", a précisé l'arrêt.

De sources bien informées, l'ancien candidat malheureux aux élections présidentielles de 2006 aurait eu des difficultés à se faire délivrer un bulletin du casier judiciaire à Anjouan, son île natale où il a eu des ennuis judiciaires après le débarquement militaire qui a chassé le colonel rebelle, Mohamed Bacar, du pouvoir de l'île en mars 2008.

Halidi Abdérémane Ibrahim dispose néanmoins de deux jours pour interjeter appel s'il le souhaite, avant le début de la campagne électorale prévue pour le 14 novembre.

A l'exception de M. Ibrahim, tous les autres candidats ont reçu l'aval de la Cour constitutionnelle (44 à Anjouan, 17 à Mohéli et 82 à la Grande-Comore).

Pour l'élection des conseillers des îles, à l'exception du retrait volontaire de trois candidats en Grande-Comore, tous les candidats ont été déclarés éligibles par la haute juridiction.



# Posté le jeudi 12 novembre 2009 10:49

Le Japon offre des équipements d'écographie à l'hôpital de Moroni

Le Japon offre des équipements d'écographie à l'hôpital de Moroni
Le centre hospitalier national El-Maarouf de Moroni a reçu mercredi du Japon, deux appareils échographiques, l'un multifonctionnel et l'autre portable, d'une valeur de 2,5 millions d'euros, a constaté MLIMADJI dans la capitale comorienne.

Le lot a été remis par le premier conseiller de l'ambassade du Japon, Takeyama Kenichi.

Ce don fait suite à une demande de l'Association comorienne pour le bien-être de la famille (ASCOBEF), initiatrice du programme d'aide aux micro-projets locaux contribuant à la sécurité sanitaire et humaine, d'après Mme Moinour Ahmed Saïd, chargée de communication auprès de ladite association.

"Notre souhait est que ces appareils puissent bénéficier au plus grand nombre de la population", a dit le diplomate nippon, après avoir souligné la nécessité d'une bonne maintenance de ces équipements.

L'hôpital El-Maarouf de Moroni est en effet, souvent présenté comme un entrepôt d'équipements médicaux ultra-modernes en panne, notamment ceux du service de l'imagerie médicale, faute d'entretien et de budget de maintenance.


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# Posté le jeudi 12 novembre 2009 10:45

Le premier vol d'Air Austral Paris-Moroni-Paris prévu le 26 janvier

Le premier vol d'Air Austral Paris-Moroni-Paris prévu le 26 janvier
Le premier vol d'Air Austral reliant Paris à Moroni aura lieu le 26 janvier prochain, ont annoncé au cours d'une conférence de presse ce mercredi dans la capitale comorienne, des membres de deux associations de la diaspora comorienne en France.

"La réduction du prix du carburant, trois fois moins cher par rapport aux autres pays de la région, est l'une des demandes d'Air Austral, de même que la levée des contraintes techniques et opérationnelles", a déclaré Farid Youssouf, de SOS Voyage, qui se dit satisfait des propositions de la compagnie française.

D'après lui, une fois ces questions résolues, Air Austral assurera une liaison directe et régulière entre Moroni et Paris, à des conditions meilleures "par rapport à celles connues jusqu'ici".

Le prix du billet, a souligné quant à lui Jack Lavane de l'association Watwania, tournera autour de 760 euros hors taxes en basse saison et de 1.076 en haute saison. "Des montants susceptibles d'être revus à la baisse et portés respectivement à 600 et 800 euros TTC si toutes les conditions exigées par la compagnie sont réunies", a-t-il précisé.

Air Austral est une compagnie aérienne française active depuis 15 ans dans la région sud-ouest de l'Océan indien, qu'elle dessert à partir de l'aéroport de La Réunion.



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# Posté le jeudi 12 novembre 2009 10:44

LES LEÇONS DU MUR DE BERLIN

LES LEÇONS DU MUR DE BERLIN
09 novembre 2009, les principaux dirigeants du monde occidental se rassemblent à Berlin pour célébrer le 20ème anniversaire de la chute du mur, ce chancre puant qui orna pendant plus de 40 ans le front de l'Europe et du Monde.

Soirée pluvieuse durant laquelle on discoura sur la division brutale et arbitraire des familles, sur les innombrables drames dont des morts engendrés par le mur. Et l'on clama, haut et fort, la main sur le c½ur « PLUS JAMAIS CA ». Imaginez, le Président français demandant, sans sourciller, avec son style engageant très particulier, au gotha de l'Occident, de détruire tous les murs qui briment les peuples. Ce n'est pas de l'imagination délirante, non, la radio française l'a annoncé dans ses titres sur la célébration berlinoise de la chute du mur.

Cynisme, déni de l'humanité des gens du Sud et de l'Est, européocentrisme débridé, comment comprendre et accepter pareille attitude. Y a-t-il deux poids deux mesures dans le respect des valeurs universelles liées à la condition humaine ? Car enfin, le monde occidental porte une lourde responsabilité dans le mur qu'érige Israël pour « sa sécurité » à l'instar de l'Allemagne de l'Est après la seconde guerre.
Même si les Comores sont petits et ne pèsent pour ainsi dire pas sur les affaires internationales, il n'en reste pas moins que c'est un pays qui voit s'ériger un « mur marin » qui brise son unité territoriale ; les Comoriens n'en restent pas moins des êtres humains qui par décision arbitraire et brutale ont vu des familles séparées, compte des milliers de morts chaque année depuis l'instauration du visa Balladur qui nous dénient le droit de circuler librement sur notre territoire national.

Les leçons de la chute du mur de Berlin doivent être recherchées dans la résistance multiforme du peuple allemand malgré une situation très complexe et très défavorable. Nous autres, nous en tirons aussi notre part de bouffée d'air pur, d'optimisme. Eh oui qui dans les années 50 ou les suivantes, qui au début de l'année 1989, aurait osé parier sur la destruction du mur de Berlin ? Tellement les fractures entre les « deux » Allemagnes étaient profondes, irrémédiables selon des nombreux analystes, sans comparaison possible avec le séparatisme insulaire, à l'origine des « deux » Comores. Eh oui nous sommes fondés d'affirmer que la restauration de l'unité des quatre îles Comores est inscrite dans l'Histoire, on peut la retarder mais on n'y peut rien. A la France d'en tirer les conclusions et de contribuer à « parachever l'indépendance inachevée » des Comores, c'est ainsi et ainsi seulement qu'elle « n'insultera pas l'avenir ».

Publié par Idriss Mohamed Chanfi
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# Posté le mercredi 11 novembre 2009 13:17